L'affiche de la France en Corée

Entre Jean-Charles de Castelbajac et la Corée s’est tissé une histoire d’amour singulière, presque instantanée. Il visite Séoul pour la première fois en 1980 et trouve immédiatement un écho à son univers créatif pop et décalé.

« Il y a en Corée, ce désir de pont entre toutes les disciplines comme chez moi ».

Le pays, son histoire, ses couleurs et sa culture ont touché l’artiste protéiforme qui appréhende cette énergie comme catalyseur. Sémantiquement, Séoul rime avec « Soul », le créateur fait alors 50 fois ce voyage. Un transfert philosophique mais surtout symbolique. Il fut très vite adopté par les coréens et inversement, Il est un peu coréen mais définitivement «corps et âme». Aujourd’hui, il participe activement à une cristallisation sentimentale entre deux beaux pays. «Je suis heureux d’être impliqué dans cette célébration avec mon art, comme si je participais au mariage de deux amis » 

 

Le duo THTF travaille avec rigueur un langage de formes et de matières à travers la peinture et le collage d’affiches. Depuis 2009, c’est une évolution vers un style abstrait et épuré que ces deux personnalités ont engagé, à échelle internationale. Les idées de l’un croisent de manière indissociable l’exécution de l’autre.

Avec des compositions aléatoires mais matures, des éclairs de couleurs viennent ponctuer des graphismes Matisséens. Plastiquement, Jean-Charles de Castelbajac et les THTF sont réunis par la ligne noire et animés par un désir de transmissions. Comme une évidence, leurs univers composent l’affiche officielle de l’année France-Corée sur le modèle d’un cadavre exquis poétique et harmonieux.

Sur une palette de noir et blanc et de couleurs primaires, code chromatique du créateur, les formes géométriques de THTF mettent en valeur les esquisses du créateur. Pour l’événement, les artistes livrent une vision humaniste aux dimensions graphiques hautement symboliques.

Traité comme un message de paix subliminal, les 3 oiseaux, aux couleurs des deux nations, convergent vers le visage d’une femme intemporelle. Sa robe jaune évoque l’Asie et le sac qu’elle porte, lui, parle d’amour…  
L’autre main dans sa poche signe un dynamisme résolument moderne et une étoile centrale domine la scène comme un phare d’espérance. Au centre, une tour Eiffel extravagante est formée par l’épure des trois oiseaux rappelant étrangement les « windmill » coréens, couvre-chefs symbolisant la chance et la prospérité.